Bonjour!

Apocalyptus… Pourquoi un nom pareil? En fait, c’est un concours de circonstances qui a donné son nom à ce site. Ma fille était grippée et cherchait des trucs pour guérir. Je lui ai suggéré un bain chaud aux vapeurs d’eucalyptus. Mon chum a compris:  apocalyptus. Le choc des sons et des idées m’a amusé, et puis, bang!  j’avais du coup mon titre et l’essence de mon site.

Apocalypse, ça fait référence à la Bible. Eh oui! Ça en indisposera quelques uns. Tant pis. Chacun trouve son bonheur là où il peut. J’ai essayé, comme toi et toi, d’être heueuse dans la pratique des sports, dans la cuisine santé, dans la déco fenshui, dans l’horoscope, le voyage, la loterie et chez les psy. Rien à faire. La seule chose qui me comble, me guide, me rassure et me ramène sur le chemin où je goûte intensément à quelque chose de bon, c’est cette Parole de Dieu portée par les récits bibiliques. J’ai besoin, moi, de savoir qu’il y a plus grand et plus smart que moi. Besoin d’un sens à cette vie que je trouve franchement difficile. Besoin de témoins qui ont cru et vécu avant moi. Besoin, finalement, de sentir que je suis aimée … quand même. Rien de bien freak ou de trop dangereux, n’ayez crainte. Je trouve dans ce Guide de vie les valeurs qui me conviennent pour mener la mienne. Et c’est bien plus de Vie Humaine au quotidien dont on traitera ici que des exploits divins.

Eucalyptus, ben, justement, c’est le remède casse-grippe à prendre quand on la tête pleine, le coeur en jello, le corps fatigué, le moral à zéro. Ça arrive seulement quand on vit. T’en veux une tasse? Allez, viens t’asseoir. On va jaser… 

Mamie

Maaaaaaaaamiiiiiiiiiiiiiie!

C’est le plus joli mot de mon environnement sonore depuis le 17 mars 2012. La petite fille qui s’amuse à le prononcer sur tous les tons s’appelle Maëva. Maé pour les intimes et Ninja pour les initiés. C’est une peste. La plus adorable des pestes. Ma petite-fille! Maëva et sa maman vivent avec moi. C’est donc sous mon toit qu’elle a fait ses premières nuits (et volé les miennes…), ses premiers sourires (qui m’ont arraché des larmes, évidemment!), ses premiers mots (auxquels j’ai fait écho par des euh! oh! ah! débiles et admiratifs!), ses premiers pas (ses pemières plonges aussi; mon pauvre coeur en a encore des bleus), et ses premiers dessins (des oeuvres d’arts, of course). Depuis novembre dernier, son nouveau petit cousin, Guillaume, teste l’extensibilité de l’amour des grands-mères. Et je confirme: l’amour, la mémoire et les muscles ne proviennent pas des mêmes fibres!

L’amour, j’ai pas de contrôle là dessus. Ça augmente à chaque seconde de vie des petits-enfants. Les muscles, j’ai pas de patience avec ça. Je les vois comme des brigands qui  squatent  mon corps et qui dorment et bockent et crampent quand ça leur chante, sans se soucier de mes besoins et de mes désirs à moi. Pour ce qui est de la mémoire, vous pensez bien, je ne tiens pas les rennes non plus! Cependant, je tiens un blog.  Alors, que je me je me suis dit,  »tandis que t’as ta tête, vieille grise, écris donc!  Et puissent-ils se connecter sur cette page aux jours de boutons, de bourrelets naissants, de peine d’amour et d’échecs scolaires, ne serait-ce que pour se rassurer d’une chose: Ils sont aimés.

Écrivons, écrivons.

Maëva, Guillaume, ces lignes sont pour vous comme autant de bisous et de chatouilles dans vos petits cous sucrés, rieurs, irrésistibles. Je vous aime et ne peux m’empêcher de le partager.

 

Mai 2014

Mon père vient nous visiter à la maison à tous les jours autour de l’heure du souper,. Maëva l’attend et lui ouvre la porte (que nous gardons verrouillée, question de sécurité… ouin!) Grand-papa Dick reste 10 minutes, tout au plus. Il prend des nouvelles, taquine la gamine, puis annonce son départ. Il m’embrasse sur les joues, reçoit avec plaisir les mots d’amour de sa petite-fille et garde pour dessert les petits bisous barbouillés de Miss Mae. Le hic, c’est qu’il porte la barbe, Grand-papa. Et ça pique! Maëva se laisse embrasser  de bonne grâce,  au coûts de quelques grimaces. Mais un jour, elle a simplement pointé le front, obligeant Grand-Papa à se pencher. Sans plus de façon, elle a plaqué sa mini bouche sur son crâne et, smoutch, elle venait d’inventer le nouveau rituel du bye-bye-je- t’aime!  La vie n’est jamais bien compliquée pour Maëva.

Juin 2014

Il y a un moustique coloré sur le cadre de porte. Nous relaxons dehors tandis que Maëva, fort impressionnée par la bibite, ne la lâche pas des yeux. Elle me crie:  »Viens voir, Mamie, viens voir!.. À bout d’argument, je cède. Mais qu’est-ce que c’est que cette affaire-là???????? Je saute sur mon cellulaire pour faire une photo (ma bonne conscience me suggère d’aller porter ça à un laboratoire d’analyse des moustiques. alors que la paresse fronce les sourcils devant mes soudaines pulsions de paparazi). Et tandis que je cherche (sans mes lunettes) la minuscule icône du kodak sur l’écran du téléphone, j’entends Maë, toute enthousiaste, qui encourage la vedette:  »Cheese, bibite! Cheese! »  Essaye donc de faire une photo sans flou quand t’as le corps secoué de rire!

 

Août 2014

Masque de beauté pour Mamie: Maëva me met tout doucement de la crème à main sur le visage. C’est si doux que j’en ferme les yeux. Mais, après quelque longues secondes, je commence à trouver qu’elle en beurre épais sur mes joues. Je lui fais remarquer:  »Il y en a beaucoup de crème, Maë, non? » Et elle de me répondre:  »Non, non, Mamie, c’est de la morve…!! »

D’Évang’elles

J’ai eu l’immense bonheur de collaborer à la préparation d’une animation (d’une série de quatre) destinée à nourrir nos réflexions du carême et sur le thème des grandes femmes de la bible. Mon humble apport à la première soirée consistait à composer une bénédiction pour la belle Sara et pour toutes les femmes d’ici et d’aujourd’hui qui écrivent au quoditien leur vie inspirée d’évangile. C’est mon amie Françoise qui a gonflé les voiles de mon inspiration. Elle raconte Dieu comme pas deux. Ses mots ravivent la Terre sainte. Son âme appelle au merveilleux. Elle raconte et je poétise.

Quand elle m’a présenté Sara, j’ai vu les femmes d’aujourd’hui qui ne font pas la une des journaux à tragédie, mais qui gardent la tête hors de l’eau, malgré la dureté de la vie. J’ai vu des collègues de travail, des amies, des voisines, des visages forgés d’inquiétudes et de fou-rires, des beautés avides de s’entendre appeler Maman, des vieilles grises aux yeux rieurs, des cinquantenaires fatiguées d’avoir tout donné, des vivantes, vraies, fortes et fragiles à la fois, comme le sont toutes les femmes qui aiment. Quand elle m’a présenté Sara… j’ai eu besoin que Dieu se penche sur moi et sur vous toutes, mes amies, mes amours. Et qu’Il bénisse nos gestes, nos silences et nos mots.

Mon amie Suzie a eu vent du souffle divin sur notre rencontre biblique. Elle a posté la bénédiction sur le blog diocésain. Puisse t’elle retomber sur vous qui vous apprêtez à la lire par le lien qui suit. Dommage que vous ayez manqué la soirée…vous aussi (j’ai été clouée à la maison par la grippe, le soir de la rencontre!)

 

http://blogdiocesain.blogspot.ca/search?updated-min=2013-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2014-01-01T00:00:00-08:00&max-results=4

Bon carême!

Josée

Toasts à la confiture de cassis

C’est samedi. La maison dort encore. Le chat a bu son lait. Les chiens ont troué la toile blanche que l’Artiste a laissée au sol durant la nuit. C’est samedi. Tranquille. Je me brûle les lèvres sur une tasse de café, distraite par le tic-tic du système de chauffage qui peine à performer. Sur le coin de la table, une tartine grillée à la confiture de cassis se demande combien de temps je ferai durer le plaisir d’attendre et de saliver, avant de croquer le premier coin, la première bouchée. Un vieux rituel de collégienne. 

C’est si bon, une rotie à la confiture de cassis. Je ne parle pas d’une banale tranche de pain beurrée au gros beurre et sur laquelle on laisse flotter la gélée aux fruits. Ma tartine  est, en fait, l’oeuvre et la recette de mon ami Christian, un collègue d’études du temps du Cégep à Ste-Foy. Ok, pas de rumeur! C’est pas parce que j’ai partagé son petit déjeuner qu’on a forcément connu le même lit. Qui a dit qu’une tartine devait se manger le matin?  Pis qui a dit, d’ailleurs, qu’il fallait dormir dans un lit? Revenons à la recette.

Il faut du pain. Du bon pain frais qu’on tranche soi-même. Les miettes font partie du décorum. On monte l’oeuvre sur du pain frais ou grillé, selon les goûts ou la fraîcheur de la miche. Je l’aime bien toasté. Du pain, donc, puis un peu de beurre, si on a le budget pour s’en offrir. (J’ai dégusté mes premières tartines sans, évidemment!) Après le beurre, la confiture. Encore là, pas trop. Juste assez pour en détecter le parfum, mais pas au point d’avoir à se battre avec la texture une fois qu’on l’a dans la bouche.  Par dessus le sucré des petits fuits en confiture, on dépose de fines tranches de cheddard fort. Et pour couronner le délice, on ajoute, toujours en finesse, des tranches de poires mûre à point.  Pain, beurre, confiture, fromage et poire. Ne pas inverser l’ordre sous peine de… ramasser le fromage sur le plancher!  Tenir comme un appareil photo, mais à l’horizontal. Fermer les yeux. Croquer. Savourez…. Et gardez en mémoire le bal des saveurs qui troublera vos sens jusqu’à la fin de vos jours. Pain, beurre, confiture, fromage et poire…

C’est samedi. Mille choses à faire et pas d’horaire. C’est proche du bonheur, ça. Alors, je vous  le partage en écrivant ces quelques lignes sans sens sur mon pauvre blog négligé et .. je file continuer ma journée.

PS: Merci Christian. Merci pour la jeunesse partagée, pour la pauvreté ennoblie par le droit au plaisir tout simple, merci pour ton regard posé sur la vie, et pour ton rire posé sur moi, combien de fois?! Tu es l’homme le plus riche de vérité que je connaisse. Et de penser à toi, comme ça, ce matin, ça me rend aussi heureuse que ma premiere bouchée dans notre tartine de confiture… Bisou!

 

 

ADISQ 2011 – HOMMAGE À VIGNEAULT, PAR FRED PELLERIN

Extrait d’une lettre envoyée à des amis poètes et amoureux

 

 

Fred Pellerin, l’enfant-conteur candide et percutant. Gilles Vigneault, le poète pellerin intemporel et nécessaire.
 

 
J’ai vécu les plus beaux moments d’une cinquantaine d’années nourrie de poésie, de littérature, de contes, de légendes, de télévsion… les cinquantes plus belles années de bonheur, en un seul petit moment de gala de l’ADISQ. Et c’est quand Fred Pellerin est venu encenser Gilles Vigneault de grands vents et d’amour. Je n’ai pas 50 ans. Mais, dans mon coeur, j’étais là, aux premiers Bataclan.
 
Je me sens immensément choyée de faire partie du siècle qui aura reconnu sa chance de partager secondes et respires avec monsieur Vigneault. Notre Québec a besoin de se mirer dans les mots sages de l’homme du Nord pour se rappeler d’où vient ce qui tente d’avancer. Notre avenir collectif a besoin d’un collectionneur d’images pour se souvenir de ceux et celles qui vont, en tentant d’avancer…
 
 Je ne me suis rarement sentie aussi vivante que dans cet hommage vibrant auquel j’ai communié, trempée de larmes, secouée de sanglots, en faisant des allers-retours entre mon adolescence et la multi-maternitude. Le Temps passe. Mais Vigneault ne passera jamais.
 
Jamais.
 

http://www.youtube.com/watch?v=77XtnHCtbcU

 
Vous avez peut-être déjà vu cet extrait 100 fois. Sachez seulement que j’y étais aussi. Ravie.

Josée
 

Circulation locale seulement

Eh! ben merde!

Mon voisin vient de nous avertir qu’il s’est fait coller un ticket, (désolée, mais c’est encore plus représentatif de ma colère en anglais), pour avoir pris la grand-route dans une zone  de  »circulation locale seulement ». Eille! la rue en question est voisine de notre quartier. Elle coupe la Main, juste en face de chez nous, et nous permet d’entrer sur Maloney en bénéficiant — et en respectant–  les feux de circulation. Y a pas de panneaux restreignant la circulation aux seuls habitants du quadrillataire!!!!!!!!! Y faut savoir ça d’instinct?  Je suis au summum de la frustration!!!!! Mon pauvre voisin a su, par les policiers qui le réprimendaient, que ce sont les gens de la rue qui s’étaient plaint de circulation abondante, depuis les travaux routiers sur Maloney.

C’est quoi le problème? On charge aux n’importe-quoi la charge d’impatience de 2-3 résidents malcommodes? Pis nous autres? Nous autres qui n’arrivons plus à entrer sur Maloney par la Main pcq de tous cotés, ya d’autres impatients qui nous coupent dans la face le matin à 6h? On a eu l’idée de désengorger la Main/Maloney en allant passer plus loin. Mais voilà que deux ou trois abrutis se plaignent et que les policiers marchent dans leur braillage pour que, de frustration en frustration, on se fasse coller un sapristi  de ticket!

Dans quelle société on vit? Y a ti pas moyen d’être accommodant pour 5 cennes pis d’endurer une petite surcharge de trafic soir et matin, le temps que les cônes orangés disparaissent? Ya ti pas moyen de raisonner le chialeux, au lieu de punir le gars qui ose passer par ailleurs que dans sa cour?   Je suis tellement, mais tellement désolée de constater à quel point mes contemporains sont vides d’accueil, d’amour, de tolérance et de tout. Désolée de mon époque. Déçue de vivre dans un monde cru et dur et brut.

Mon voisin, en plus, vient d’apprendre que sa vie est fichue pour cause de maladie grave et dégénérative. Il a 38 ans, et son gosse, pas même 1 an. Le ticket des boeufs… y s’en fout complètement! 

 

Dieu … Partout!

AVERTISSEMENT: Ce texte sera sans cesse en mouvement. Vous n’aurez jamais fini de le lire…

Je m’amuse et m’étonne, depuis plusieurs années déjà, de constater que Dieu, qu’on le veuille ou pas, se retrouve partout dans nos quotidiens: dans la musique, la littérature, le cinéma et les prénoms à la mode ces jours-ci (je fais la liste courte, pour les besoins de l’intro, mais attendez tantôt!) On le sort par une porte, il rentre par les fenêtres! Ya rien à faire, c’est le pire Virus de l’Histoire. Ou la pire Drogue, peut-être? Plus c’est illégal, plus le monde en veut… AH! pas fou le Gars …! En tout cas, tout cela pour dire que ce texte est le début d’un long exercice auquel je vous invite – vous supplie – de participer:

Je souhaite dresser une liste (ça risque de devenir un catalogue) de titres de livres (romans, poésie, contes …), de titres de chansons et de titre de films écris ou réalisés dans les deux derniers siècles, à l’intérieur desquels Dieu est nommé de façon significative Par respect pour les droits d’auteurs, nous ne sommes pas autorisés à copier-coller les extraits de textes. Le plus simple, c’est de mettre le lien internet où on peut trouver les mots qu’on cherche, avec le titre de l’oeuvre et ses coordonnées, bien entendu.

On joue?  S’il vous vient en mémoire un bouquin, une toune, une odeur de popcorn  où il est question, de façon explicite ou détournée, de Dieu, de Jésus, de l’Esprit, ou d’une ré-écriture de récit biblique, envoyez-moi le titre ou le lien en COMMENTAIRES à cet article, et je l’ajouterai à la liste.

C’est parti!  Un lonnnnnnnnnnnnnng MERCI!

 

DIEU EN LITTÉRATURE :

En français:

-Christian Bobin: presque tous ces livres traitent poétiquement de Dieu. Ressuscité est le plus éloquent;

  -David Safier: Maudit Karma(2008), Jésus m’aime (2009); William sort de ce corps (2010): tous imprimés aux Presse de la Cité – Étranger

 En anglais:

- Christopher Moore: Lamb, ISBN: 0380813815, Publié chez Perennial

DIEU EN MUSIQUE:

En français:  

- Claude Dubois: Si Dieu existe,  Album Ma préférence 2, 2001

- Corneille: Dieu est une femme,   http://chanter.canalblog.com/archives/2006/05/13/1868310.html

- George Moustaki: Joseph

http://www.youtube.com/watch?v=l9zTRvZtbOc

-

 En anglais:DIEU AU CINÉMA:

En français:   En anglais:  

DIEU AILLEURS (PRÉNOMS D’ENFANTS, NOM DE COMPAGNIE…)

Pour la pluie

Métronome endormant tu sables le printemps

Empoussières l’esprit, égratignes le temps

Morne miroir pavé aux reflets noir de jais

Des jours emprisonnés depuis le mois de mai

aux barreaux de leur cage, crient: rends-nous la vie!

Rock n’ rain, jazz ou blues, aux parfums pathétiques

Tu tapes sur nos nerfs, tu irrites l’arthrit’

Rythme de fer, d’enfer, de fuite, et de gachett’

sous sa cape trouée l’oxygène regrette

L’air, l’ozone et le bleu, pardis! des pissenlits! 

Mélodie de suplice as-tu bientot fini

de cracher sur nos têtes ta bave de bigoudis.

Les nappes de piqu’-nique et les paniers d’osier

Les bolos, les vélos, et les skates remisés

te péteront la gueule avec un parapluie…!

Si mes armes de poête ne te font pas un pli

pas même une vague à l’âme, ni une larme de souci

alors, ma douche, j’abdique et je me couche:

y a rien d’autre à tirer de ton temps qui se mouche

dans mon mouchoir de poche, drapeau blanc chiffonné

Y a rien d’autre à cirer de cett’ pluie goutte à goutte

Qui envahit les cours, les maisons et les routes

Qui remplit mes souliers, mes poches et mes cahiers…

Non, rien à espérer d’un temps si délavé

Sinon qu’à cette chanson fleurisse une mélodie …

 

 

La prière

 J’ai dû avoir 14-15 ans quand j’ai confié à ma grand-mère les difficultés que j’éprouvais à faire ma prière du soir. Je n’y manquais jamais. Mais, je tombais régulièrement endormie avant d’avoir fini. Grand-mère m’avait calmement rassurée en me disant:  »C’est une belle preuve de confiance que de s’endormir sur une demande. De toute façon, Dieu sait déjà tout ce dont tu as besoin…emoticone »

Plus tard, j’ai testé ça! Je me souviens, j’étais jeune étudiante à l’Université Laval, en Créations littéraires. Je me voyais déjà dans la Volks, avec monsieur Poulin, à la recherche de Théo (C’est encore Dieu, ça, hein?). Je voulais écrire!  J’en rêvais, j’en mangeais (C’est bien tout ce que j’avais à manger, d’ailleurs). Je cherchais, parmi les étudiants dans le même programme, un regard qui aurait eu envie de s’accrocher au mien, ne serait-ce qu’aux pauses entre les cours, pour échanger sur nos aspirations futures. Ben, niet. Personne ne parle à personne, dans ce monde. On marche dans les couloirs en tenant serrés contre soi ses cartables, ses tablettes de feuilles, pour ne pas se faire voler son inspiration…! Je n’ai jamais été si seule qu’entourée de cette centaines de belles têtes flyées. Personne, jamais, ne s’approchait de moi. (faut-il que je dise, pour ma défense, que je tapais des 100% dans les cours les plus hots et que ça faisait chier les m’as-tu-vu plus âgés? Je tapais des 100%, malgré moi. Les profs braillaient sur mes journaux de bord, quand je parlais du chat de ma voisine d’en haut qui chantait de l’opéra (la voisine, pas le chat!). Bref, j’ai connu à la fois la gloire et l’isolement. emoticone 

Et dans ces moments-là, je prie. Un soir, après un cours, j’étais dans l’autobus en direction de mon appartement, et je me souviens très bien de l’essence de ma demande. J’ai dit:  »Dieu, j’peux pas croire que parmi tous ces étudiants, y a personne qui aurait envie d’échanger avec moi. Personne, même, qui aurait envie d’aller prendre une bière pour jaser, discuter. Vivre une telle passion, un tel bonheur et le garder pour soi, c’est trop difficile pour moi. Fais quelque chose, Seigneur, je me sens vraiment trop seule ici. » L’arrêt d’autobus où j’avais l’habitude de descendre s’est pointé. J’ai sonné, je suis sortie, seule, et me suis dirigée directement vers le dépanneur en face pour m’acheter une GROSSE bière. Me suis dit:  »Ben tant pis, on va monologuer, Josée ». Je suis sortie du dep mine de rien (la grosse cachée dans l’sac à dos).  Devant moi, dans le milieu de la rue – pente descendante – une dame marche en titubant. Alcool? vieil âge? maladie? Difficile à dire d’en arrière. Je m’approche en sifflant fort pour ne pas la surprendre et elle se retourne d’un mouvement sec. Je m’excuse tout de suite de lui avoir fait peur,  et la voilà qui part dans un monologue sans fin (ni sens) où j’attrape ci et là les mots: jeunes, c’est beau ce que font les jeunes, pape, visite, chant, jeunesse… Vite, j’ai compris qu’elle avait apprécié la dernière (et unique?) visite de Jean-Paul II  sr les Plaines et la visibilité qu’on avait donnné aux jeunes pour l’occasion. Vite aussi, j’ai senti son haleine d’alcool…ouf!  Mais, je l’ai écoutée. Un temps, elle confondait tout: le pape et les jeunes et tous les jeunes et même ceux qu’ont rien à cirer du pape. Mais elle les aimait tous. Pis moi itou. Elle a même ouvert son porte-monnaie pour me donner  »un cadeau » qu’elle a dit. A placé dans le creu de ma main un petit pain béni rapporté de l’Oratoire, sans doute, en m’assurant que je n’allais jamais manquer de rien si je le gardais dans mon porte-monnaie. J’ai refusé, pour la forme. Elle a insisté, pour de vrai. Puis, d’une petite claque sur mon épaule, s’est excusée d’avoir à quitter, parce q’elle avait fort à faire avec son frère handicapé. 

Je venais de rencontrer un moyen moineau, comme on dit chez nous. Mais, tout d’un coup, je me suis mise à rire, puis à rire, à en avoir du mal à continuer ma descente, en titubant, en reniflant, en reprenant le pas, et j’ai ri comme ça jusque chez moi. Je venais de  comprendre que mon Dieu tout là-haut, Il en a de l’humour et du culot!! J’ai demandé qqn à qui jaser; il me l’a envoyée. J’voulais qqn pour siroter ma bière. Elle avait pris un peu d’avance, mais quand même, si j’avais offert la prochaine tournée, elle aurait peut-être accepté. J’voulais jaser passion et Théo, et … de la passion, ma bonne femme, elle en crachait à tous les mots… Coudon, c’était presque comme dans mes rêves…

Ça marche, la prière! C’est écrit dans la Bible:  »Demandez et vous recevrez. » (Matthieu, 7, 7 -12).  Par contre, comme l’a dit ma grand-mère:  »Dieu sait bien mieux que toi ce dont tu as besoin. » J’suis bien obligée de la croire… Ce soir là, j’ai beaucoup écrit, beaucoup réfléchi : cette présence bienveillante de Dieu fait partie de ma vie quoi que j’en dise. J’en aurai envie toute ma vie. C’est trop bon, trop simple d’être ainsi écoutée et aimée. J’avoue qu’il faut l’effort et l’honnêteté de le reconnaître quand ça passe. Mais, là encore, je suis bénie. Et je rends grâce parce que je n’ai pas beaucoup d’effort à faire pour savoir quand c’est Dieu qui signe les moments forts de mon existence.

Le temps a passé.  J’ai eu mes filles. Je me souviens de leur persistance quand, d’une petite main décidée, elles tiraient sur un pan de ma chemise pour demander, demander, demander, redemander, répéter la requête, encore, et encore, et encore:  »J’t'en supplie, Maman… » Je savais, moi aussi, ce qui était bon pour elles. Mais, j’ai cédé, parfois, rien que pour le bonheur de croire qu’elles avaient aussi besoin de preuves tangibles que je les aime… C’est ainsi que, du haut de leur trois ou quatre pommes, elles m’ont appris, d’une part, la persévérance dans la prière, et de l’autre, m’ont fait comprendre combien on a besoin de cet amour confiant d’un tout petit, pour devenir soi-même capable d’un grand amour généreux.

Ma relation à  Dieu a pris 1001 formes, semblables à des rendez-vous, quand j’y repense:  les  tête-à-tête dans le noir de ma chambre d’enfant, les confidences dans le journal intime de mon adolescence,  les journées entières de contemplation au bord du fleuve, en solitaire, à St-Jean-Port-Joli, les randonnées en couple, dans le Parc de la Gatineau, sac au dos avec bébé dedans, les prières illustrées que j’ai partagées avec mes enfants, les veillées pascales célébrées avec ma communauté où nous étions plus d’une centaine à l’unisson, en communion, branchées sur le même coeur…, les prières de Taizé au centre diocésain où je me suis laissée bercer par les voix qui chantaient ce que mes yeux arrivaient à peine à lire, et puis, plus récemment, mes escapades à Champboisé …

La liste pourrait être bien plus longue. Je comprends tout juste qu’on prie pour demander, pour supplier, pour remercier, pour accompagner, par solidarité, pour nourrir l’espérance, et pour célébrer Dieu si grand, si infini. Peu importe comment ou pourquoi on prie. L’important, c’est de puncher, une fois de temps en temps.

Tout ça, c’était pour dire qu’aujourd’hui, j’ai reçu un très beau courriel que je voudrais partager avec toi. Je t’en prie emoticone, offre-toi 2 minutes de plus pour la santé de l’âme…  

 http://bl155w.blu155.mail.live.com/default.aspx?wa=wsignin1.0

Ce soir, j’aurai une pensée spéciale pour tous mes lecteurs, connus et inconnus.

A+

 

Pas de foulard à la SAAQ

J’ai renouvelé mon permis de conduire cet hiver. Au moment de la photo, trois consignes claires sont sorties de la bouche de l’efficace commis postée devant moi :   pas de lunette, pas de foulard et pas de sourire!

-          Pas de sourire? que j’ai demandé.

-          Pas de sourire, pas de lunette et pas de foulard, qu’on m’a répété.

-          Euh… c’est pour mieux me reconnaître une fois morte que vous exigez  la face éteinte?

-          Pas de sourire, pas de lunette et pas de foulard, madame.

La  dame ne souhaitait pas particulièrement  jaser. Mais moi,  j’avais encore une question :

-          L’écharpe (en désignant  le tricot longiligne noué à mon cou), je peux la garder?

Le ton a monté : ‘’Pas de foulard, madame!!!’’

Quand même,  je tenais à la nuance :

-          Ce n’est pas  un symbole religieux que je porte. L’écharpe de laine  est un vêtement, ou un accessoire essentiel, pour l’hiver! On est au Québec, en janvier, madame! Fait -37 dehors, -45 avec le facteur frète.  

Elle tenait mordicus au règlement.

-          Pas de lunette, pas de foulard et pas de sourire. C’est le règlement.  La voulez-vous,  vot’ photo?

Pas le choix, je venais de la payer.  Mais encore :

-           Si j’étais venue avec un col roulé, vous m’auriez demandé de l’ôter?  

Elle hésite un peu, regarde en l’air pis me répond:  »Ben non! C’est pas dans le réglement ».

Ça ne vous tenterait pas, des fois,  d’être plus smarte  que la loi? Ce n’est pas mon cou qu’on veut voir, c’est ma tête,  mes cheveux, mes yeux, ma bouche… Voyons!

Je n’avais pas envie d’importuner un commis de la SAAQ qui fait son devoir comme on le lui a demandé. Raisonnablement, je me suis accommodée des limites d’une simple d’esprit et j’ai pris mon trou devant le panneau blanc, sans sourire, sans lunette et sans … écharpe. Une fois dans la voiture, je me suis demandé ce que ferait un policier s’il devait m’arrêter  durant l’hiver. Devrais-ôter mes lunettes et mon écharpe pour qu’il voit bien la ressemblance avec la photo?  J’ai jamais été arrêtée par un policier, mais je sens qu’il pourrait me monter comme une petite envie d’impertinence qui me vaudrait sans doute un séjour en tôle, pas de foulard, pas de lacet, pas de … 

Gardons le sourire!                                                                                      Écrit le 26 janvier 2011

Un signe

005.jpg »Seigneur, j’ai des choses à te dire, pis des questions à te poser aussi. Je veux bien me taper une fin de semaine de silence, mais si en plus, Tu ne me parles pas, ça va être long en bibite. Faaaque, fais-moi signe de quelque manière pour me laisser  savoir que té là, ok? »

Je viens de vous partager en gros l’essence de la prière que j’ai formulée quand j’ai mis les pieds sur le balcon de ma maisonnette, une fois que je m’y suis installée. Rien de formel, ni formule toute faite – depuis le temps qu’on se connaît, j’ai fini de l’appeler monsieur. Je Lui parle comme je te parle, sauf que les sujets sont différents. Je demande, et il arrive que ça marche. Cette fois-ci, je le sens, on n’a pas fini de me traiter de Jesus freak. Mais, je m’en fous: J’ai eu mon signe! Quand je vous dis que ça marche, ben c’est ça: c’est sur la marche qu’Il a laissé sa trace, dans la mienne, dans mon pas, sur le pas de la porte… J’explique:

On est en avril, ça fond dehors et si c’est fondu, c’est pas toujours sec, ce qui fait que le terrain à Chamboisé, au moment où j’y suis allée, était boueux et pas toujours ferme. Bref, alors que je remontais une deuxième brassée de bois de chauffage, j’aperçois sur la première marche du balcon (1e du bas) une motte de bouette séchée qui s’était détachée de ma semelle.  J’allais la balayer du pied quand j’ai réalisé que la  forme avait exactement celle d’une croix, du genre de ces petites croix sculptées qu’on nous remettait à la confirmation 043.jpg. Je n’en reviens pas encore.

 » Quelqu’un est sceptique, ici? » a demandé un ange qui passait au même instant. Pis là les étoiles ont dansé avec les mésanges, pis les corneilles ont chanté l’Alléluia, pis j’ai pleuré, prostrée dans l’escalier, la brassée de bois coincée entre les deux seins…..  C’était beau! C’était beau!

Le vois-tu comme c’était beau? Ha! Ha!

N’empêche, il m’a fallu un bon bout de temps avant de reprendre mes esprits. J’ai eu mon signe. C’est pas rien!!! Je me suis empressée de le photographier, bien consciente que c’était fragile et non transportable. Dieu ne doit pas souhaiter  qu’on le mette en boîte ou qu’on le colle dans un cartable. Mais une petite photo pour la postérité…  Voilà.

J’ai conscience d’être en train de partager avec toi un moment intense sur un ton badin. Je suis sonnée, pour dire vrai. J’sais pas trop quoi penser de cette aventure, en fait. C’est ben beau d’avoir un signe, mais encore faut-il que je décode ce que cela veut dire. Le Type est trop smart pour m’avoir laissé une croix au hasard. Une croix de boue, si fragile, si temporelle, impossible à transporter, alors qu’une croix, c’est justement le symbole de ce que l’on traîne de pénible, de difficile, dans la vie. Une croix sous le pas, alors que d’habitude, le pas est dessous la croix. C’est quoi? Dieu me dit-il qu’il est là, et qu’il me porte, moi, ma vie pis ma croix? Une croix en boue séchée, fragile objet qui ne va pas durer, est-ce que ça peut signifier:  »Fille, grouille-toi, parce que j’suis pas là pour longtemps? C’est peut-être à l’image de notre relation aussi. Plus le temps passe et plus ça s’émiette, ça s’effrite, parce que … milles raisons qui ne tiennent pas la route, mais bon, c’est un moment comme ça.

Je suis rentrée depuis 2 jours et je cherche encore le sens de ce symbole que j’ai reçu, j’en suis certaine, de la part du Seigneur. 020.jpg Peut-être as-tu une piste à me suggérer pour pousser la réflexion? Ne te gêne pas: on a l’éternité …

 

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